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Conformité16 mars, 2021

Robotisation du travail : opportunités et menaces

Quel impact ont les robots (industriels et autres) sur l’exécution et la qualité du travail ? La robotisation croissante va-t-elle renforcer ou réduire l’emploi ? Et quelles sont ses conséquences sur la charge de travail et les salaires ?

Sans être récentes, ces questions restent au cœur du débat depuis plusieurs décennies, alors que la robotisation et l’automatisation évoluent à toute vitesse.

Qu’est-ce que la robotisation ?

On entend par robotisation le fait que les robots assument de plus en plus de tâches de notre quotidien. Si le phénomène n’est pas neuf (les usines de production utilisent des robots industriels depuis bien longtemps), le nombre de travailleurs « traitant » réellement avec des robots reste relativement restreint. Une situation qui risque sans doute de changer dans les années à venir, en raison notamment du recours croissant aux robots de service. S’inscrivent dans cette catégorie, par exemple, les robots logistiques des entrepôts et des centres de distribution, les robots d’inspection, les robots chirurgicaux des hôpitaux ou encore les robots de traite dans les élevages.

Impact de la robotisation sur le marché du travail : résultats de l'étude du MIT

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a publié, en mai 2020, son rapport d’étude sur l’impact des robots industriels sur le marché du travail de 1990 à 2007 (Robots and Jobs : Evidence from U.S. Labor Markets).

Ce rapport conclut notamment que chaque nouveau robot introduit par tranche de mille travailleurs a entraîné une diminution des postes disponibles et une baisse des salaires durant la période étudiée. Les chercheurs estiment ainsi qu’un seul nouveau robot introduit sur le marché du travail pour 1 000 travailleurs réduit l’emploi de l’ordre de 0,18 à 0,34 % (sur la population totale) et induit une perte de salaire de 0,25 à 0,50 %.

De plus, l’automatisation risque également de renforcer l’inégalité salariale chez les travailleurs peu ou moyennement qualifiés, ce qui s’explique essentiellement par un nombre insuffisant d’emplois de substitution dans les régions où les industries s’automatisent.

En revanche, la robotisation croissante est aussi synonyme de création de nouveaux emplois, car le coût moins élevé des marchandises favorise le développement d’autres entreprises. De plus, la productivité augmente, et les avantages concurrentiels de l’automatisation engendrent de nouveaux emplois.

Échos plus positifs en Europe et en Asie

La Fédération internationale de la robotique (IFR) s’attend à ce que les robots industriels poursuivent leur progression après la crise du coronavirus. Les grandes entreprises ont l’intention de repenser leurs chaînes d’approvisionnement en tirant les leçons de la crise actuelle. Ce processus d’apprentissage devrait accélérer l’introduction et l’utilisation des robots.

Parallèlement, la fédération soutient que l’impact actuel de l’automatisation sur l’emploi ne diffère en rien de l’impact des différentes vagues de changements technologiques que nous avons connues par le passé. La productivité augmente, et les avantages concurrentiels de l’automatisation n’entraînent pas que des suppressions d’emplois. L’automatisation des tâches renforce en effet l’attrait de nombreuses fonctions et en crée de nouvelles.

Prenons l’exemple des robots de services professionnels, qui allègent la charge de travail ou améliorent la sécurité des travailleurs. Les robots permettent aussi aux personnes souffrant d’un handicap d’effectuer des tâches qu’elles n’auraient pu accomplir par le passé et aux personnes exerçant un travail physiquement éprouvant de rester plus longtemps en bonne santé.

Comment transposer les risques en opportunités ?

Les spécialistes du marché du travail invitent les employeurs, les travailleurs et les autorités à élaborer un planning de robotisation pour équilibrer au mieux les risques et les opportunités de la robotisation sur le marché du travail dans les années à venir. D’une part, la robotisation croissante peut être une menace pour les emplois nécessitant une main-d’œuvre peu qualifiée, ce qui laisserait de nombreux travailleurs sur le carreau. D’autre part, les robots sont également susceptibles d’apporter une solution au vieillissement croissant de la population active. Les robots, en s’imposant dans des secteurs de plus en plus diversifiés, contribueront à préserver la productivité de l’économie.

Les éventuels licenciements de travailleurs peu qualifiés pourraient être évités en mettant en place, en temps utile, des recyclages et des formations. Nous connaîtrons ces prochaines années une recrudescence de la demande en personnel techniquement qualifié, chargé notamment du montage et de l’entretien des robots dans les entreprises. La réorientation des travailleurs constitue donc une piste importante pour anticiper les éventuels licenciements.

Enfin, impliquer activement les travailleurs dans la mise en œuvre des robots sur le lieu de travail revêt toute son importance : quand le personnel a son mot à dire dans la réorganisation, l’adhésion interne au projet augmente sensiblement et les travailleurs sont moins enclins à considérer les robots comme une menace.

Auteur : Geert Van Cauwenberge


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