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Compliance25 novembre, 2021

La hiérarchie de la prévention : accent sur les priorités

Comment le médecin du travail applique-t-il le concept de hiérarchie de la prévention dans la pratique ?

Plus une mesure est classée en haut de la hiérarchie de la prévention, plus son impact est important, mais plus l’effort à consentir est grand. Il vaut la peine de toujours passer en revue la hiérarchie de la prévention et, ensuite, d’examiner plus en profondeur à quoi on peut s’attaquer et quand.

La hiérarchie de la prévention : métaphore

Imaginez un grand bocal vide. Remplissez-le de balles de tennis jusqu’à ce que vous ne puissiez plus en faire entrer une seule. Est-il plein ? Oui ? Mais attendez ! Voici maintenant un sac de billes. Versez-les dans le bocal, entre les balles de tennis, et secouez bien jusqu’à ce que plus une seule ne puisse entrer. Le bocal est-il plein cette fois-ci ? Non ? En effet ! Car vous pourriez facilement y verser un gobelet de sable, qui viendrait combler les interstices entre les balles de tennis et les billes, jusqu’à ce que le récipient soit plein à craquer.

Vous avez sans doute déjà entendu cette histoire. Selon sa morale, les balles de tennis représentent vos projets importants. Les billes sont les plus petites tâches et le sable correspond aux petites choses de la vie (Facebook, la télévision et ce genre de passe-temps). La principale leçon à retenir, c’est que si vous commencez par remplir le bocal de sable, vous n’arriverez jamais à y faire entrer les balles de tennis et les billes. Il en va de même pour vos tâches et projets. Donc quand vous établissez votre planning, vous devez toujours tenir compte de vos priorités en premier.

La même logique s’applique à la hiérarchie de la prévention. Commencez par appliquer les mesures de prévention en haut de la hiérarchie, car ce sont ces « balles de tennis » qui ont le plus d’impact sur les risques. Plus tard, ou quand vous n’aurez plus de balles de tennis, vous pourrez ajouter les billes et le sable.

Suivez les six étapes

Quel est le contenu de cette « hiérarchie de la prévention » ?

  1. Au sommet, on trouve l’« élimination du danger », il s’agit de l’approche « à la source ».
  2. Si c’est impossible, descendez d’un niveau et procédez à la « substitution du danger ». Dans ce cadre, un outil de travail est remplacé par un autre outil au fonctionnement similaire, mais moins dangereux.
  3. Quand ce n’est pas possible, réduisez les risques via le recours à des équipements de protection collective (EPC). Ceux-ci n’exigent pas d’intervention active du travailleur.
  4. Au niveau en-dessous, on trouve les équipements de protection individuelle (EPI).
  5. Encore un étage en-dessous, nous avons les mesures organisationnelles, comme les formations et les méthodes de travail, la surveillance de la santé par le médecin du travail, ainsi que les mesures de limitation des dommages restantes, comme les premiers secours en cas d’accident et le plan d’urgence.
  6. Enfin, tout en bas, on trouve la signalisation, par exemple les marquages et les pictogrammes.

Que faire avec une poinçonneuse bruyante ?

Dans la pratique, les mesures de prévention impliqueront bien sûr une combinaison des différents niveaux de la hiérarchie. En cas d’utilisation d’une poinçonneuse bruyante, vous devrez (3) prévoir un capotage, (4) distribuer des protections auditives aux travailleurs, (5) leur faire passer des tests auditifs, les former et leur fournir des instructions de manière régulière et, enfin, (6) accrocher des pictogrammes près de la machine. Mais ce sont bien sûr les niveaux (1) et (2) qui vous permettront d’avoir le plus d’impact : par exemple le recours à une poinçonneuse qui utilise de puissants lasers au lieu d’une tête de poinçonnage pour faire les trous, ou encore la sous-traitance du processus.

Importance d’un bon planning

Je ne réalise que trop bien que cet exercice ne soit pas aisé. Plus une mesure est classée en haut de la hiérarchie de la prévention, plus son impact est important, mais plus l’effort à consentir est grand. Et je remarque parfois, lors de mes visites d’entreprises, que nous nous focalisons tous sur les niveaux inférieurs de la hiérarchie : « Où est le pictogramme qui indique la présence d’un extincteur ?! » et « Ce travailleur ne porte pas de casque de sécurité ! ». Nous avons ainsi quelque chose à noter dans notre rapport de visite et ce sont des éléments faciles à corriger. Mais on ne s’attaque pas au cœur du problème.

Donc oui, ces balles de tennis sont grandes, lourdes et difficiles à faire entrer dans le bocal. Surtout lorsque celui-ci contient déjà des billes et des grains de sable. Mais il vaut la peine de savoir qu’elles existent. Vous ne devez pas nécessairement toutes les faire entrer dans votre bocal déjà bien rempli, mais vous pouvez au moins les passer en revue. Et, une fois par an, vous pouvez peut-être examiner plus en profondeur ce que vous pouvez faire avec ces balles de tennis. Pourriez-vous les faire entrer dans le bocal de la prochaine année civile ? Ou dans la grande boîte de bocaux pour les cinq prochaines années ?

Auteur: Edelhart Kempeneers - Attentia

Plus d’informations

Cet article fait partie d’une série d’articles dans laquelle un juriste, un conseiller en prévention-médecin du travail et un conseiller en prévention-sécurité au travail se penchent sur la hiérarchie de la prévention. Autres articles de la série : 

La version détaillée de cet article figure sur senTRAL, dans En pratique, avec pour titre « Les principes généraux de prévention et la hiérarchie de la prévention. Plus une mesure est classée haut dans la hiérarchie, plus elle a d’impact »

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